
BAC PRO Conducteur Routier
BAC PRO et CAP CRM
Conducteur Routier de Marchandises


SÉANCE 5.4.1 :
CONDUITE EN SITUATIONS DIFFICILES
Cette nouvelle séance est consacrée à être capable de prendre en compte les difficultés de conduite liées à la pluie, la neige, le verglas ou encore la conduite en conditions de visibilité réduite ou à l'obscurité ( conduite de nuit )...


1 - Conduite par temps de pluie
1.1 - Principales conséquences de la pluie :
La pluie a au moins 2 conséquences évidentes pour le conducteur :
- la réduction de la visibilité
- la réduction de l'adhérence.
Mais ce ne sont pas les seules : la conduite devient plus stressante et le conducteur doit être plus concentré.
En conséquence, la fatigue s'installe plus vite : il faut donc s'adapter.

1.2 - Le " verglas d' été "
Lorsqu'il n'a pas plu depuis longtemps, les premières gouttes d'eau se mélangent aux résidus présents sur la chaussée ( gomme due à l'usure des pneus, poussières diverses... ), ce qui forme une boue.
On dit que la chaussée est "grasse". Dans les faits, elle est particulièrement glissante. Bien plus que lorsqu'il pleut depuis longtemps ( le ruissellement de l'eau a alors "lessivé" la route ).
C'est d'autant plus dangereux que lorsqu'il n'a pas plu depuis longtemps, les conducteurs ne sont plus habitués à cette perte d'adhérence.
Certains appellent ce phénomène le "verglas d'été".

1.3 - Adhérence et aquaplanage
1.3.1 - Réduction de l' adhérence
Par rapport à une même route sèche, l'adhérence sur une route humide (sans être forcément détrempée) est réduite de 30 à 50% (selon la qualité et l'usure des pneus).
Trop d’automobilistes ne modifient pas leur conduite par temps de pluie, alors que la chaussée est humide et l’adhérence réduite.
Sur route humide, les roues risquent de patiner si vous démarrez trop brusquement, les distances de freinage augmentent, et la voiture a une mauvaise tenue de route dans les virages...
Ce qui a pour conséquence :
- d'augmenter le risque de dérapage en virage ( d'aller tout droit ou de faire un tête-à-queue ),
- d'augmenter la distance de freinage ( qui peut presque doubler ! ).

1.3.2 - Le dangers des flaques d'eau
A allure soutenue, le passage dans une flaque d’eau risque de freiner une roue et de provoquer un écart de direction. S’il n’est pas possible de l’éviter, il faut ralentir et tenir plus fermement le volant.
En effet, en passant dans une flaque d'eau, il est impossible de prévoir sa profondeur. Cette flaque d'eau peut masquer un trou ou un "nid de poule".
Le passage dans une flaque d'eau profonde peut engendrer un brusque ralentissement d'une ou plusieurs roues
( d'un seul côté du véhicule selon la largeur et la profondeur de cette flaque ), pouvant alors provoquer un écart de direction.
1.3.3 - L' aquaplanage
A vitesse élevée par temps de pluie et surtout s’ils sont usagés, les pneus n’arrivent plus à évacuer assez vite la couche d’eau devant la roue. Une pellicule d'eau se glisse alors sous la roue qui se soulève.
Il n’y a plus d’adhérence, la voiture glisse sur l’eau et n’obéit plus au conducteur : elle se met alors en aquaplanage ( ou aquaplaning, hydroplanage )


Le risque d'aquaplanage est plus réduit pour les véhicules lourds de fait de leur masse importante mais cela n'empêche pas d'être vigilant à ce danger que rencontre les autres usagers !
A ne pas confondre avec le dérapage, l'aquaplanage est le soulèvement d'un ou plusieurs pneus par l'eau présente sur la route. En effet, les sculptures ( = les rainures sur la bande de roulement ) des pneus ne peuvent plus évacuer l'eau. Le conducteur n'a alors plus le contrôle de sa direction ( en particulier sur les roues avant ). La voiture "flotte".
Le risque d'aquaplanage augmente selon :
- la vitesse ( plus la vitesse est élevée, plus le risque augmente),
- l'épaisseur et la quantité d'eau sur la route,
- la profondeur des sculptures des pneus ( plus les pneus sont usés, moins ils peuvent évacuer d'eau ),
- l'état de la route ( comme pour les pneus : plus elle est plate et "lisse", moins l'eau est évacuée )
- la largeur des pneus ( plus ils sont larges, plus la quantité d'eau à évacuer par les rainures est importante ).
L'avantage des pneus HIVER par temps de pluie :
Les pneus "HIVER" sont plus efficaces que les pneus "ÉTÉ" sur une route détrempée ( même sans neige et sans verglas ) lorsque la température descend en dessous de +7° C.
Les 2 raisons qui augmentent l' efficacité des pneus "HIVER" :
- leur gomme est plus tendre que les pneus "ÉTÉ",
- leurs sculptures sont plus profondes ( et évacuent plus d'eau, plus rapidement ). Mais pour qu'ils gardent leurs qualités, les sculptures des pneus "HIVER" doivent avoir une profondeur d'au moins 2 mm.

1.4 - Circuler par temps du pluie
1.4.1 - S'assurer de garder de la visibilité
Pour améliorer la visibilité, toutes les vitres doivent être propres, les essuie-glaces en bon état et le réservoir du lave-glace bien rempli.
Pour éviter la formation de buée sur les vitres, utilisez le désembuage et la ventilation dirigée sur le pare-brise et les vitres latérales.
L' utilisation de la climatisation accélère le désembuage des vitres latérales et du pare-brise

1.4.2 - L' utilisation des essuie-glaces
La plupart des voitures offrent la possibilité de choisir entre 3 vitesses de balayage des essuie-glaces avant :
- une position intermittente ( parfois réglable ) en cas de pluie faible,
- une position "vitesse normale",
- une position "vitesse rapide", en cas de forte pluie.
Un véhicule encombrant a tendance à soulever beaucoup d'eau présente sur le sol, ce qui provoque un véritable nuage à proximité.
Aussi, en l'approchant, et surtout si c'est pour le dépasser, j'anticipe en augmentant la vitesse des essuie-glaces avant d'arriver à son niveau.
Mon raisonnement doit être le même lorsque je croise ce type de véhicule, en particulier sur une chaussée à double sens de circulation. Il est alors préférable aussi de ralentir. Le "mur d'eau" généré pourrait me surprendre ( même s'il ne pleut plus mais que la chaussée est encore mouillée ).


1.4.3 - L' utilisation des feux
Lorsqu'il pleut, la visibilité est moins bonne. Je dois alors allumer les feux de croisement.
Dès les premières gouttes, et même si les précipitations sont faibles, j'allume les feux de croisement.
De jour, même si ces feux ne me donnent pas l'impression de mieux voir, ils me permettent d'être mieux vu :
- par les usagers arrivant en face,
- par les usagers qui me suivent ( les feux rouges sont allumés à l'arrière de mon véhicule ),
- par les usagers qui me précèdent ( ils me voient dans les rétroviseurs ).

Les feux de position, trop peu puissants, n'ont aucun intérêt lorsqu'il pleut ; ils ne rendent pas ma voiture suffisamment visible de l'avant.
Les feux diurnes ( ou feux de jour ) n'allument aucun feu à l'arrière. Ils ne sont donc pas adaptés pour circuler dans ces conditions.
S'il pleut fortement, je peux ajouter les feux de brouillard avant. Les feux de brouillard sont plus "puissants" et rendront ma voiture encore plus visible.
En revanche, même en cas de forte pluie, les feux de brouillard arrière, très éblouissants, sont interdits. En effet, les feux de brouillard arrière seraient gênants (éblouissants) pour les usagers qui me suivent.


1.4.4 - Réduire la vitesse et augmenter les intervalles de sécurité
La première précaution à prendre lorsqu'il se met à pleuvoir est de ralentir. Plus qu'une précaution, c'est aussi une obligation !
Pour rappel, les limitations de vitesse changent dès les premières gouttes de pluie :
- la vitesse maximale passe de 130 à 110 sur l'autoroute,
- elle passe de 110 à 100 km/h sur les routes à chaussées séparées,
- elle est de 80km/h sur les chaussées à double sens hors agglomération (y compris si la chaussée comporte plusieurs voies réservées à un même sens de circulation).
Ces limitations de vitesse ne concernent pas les conducteurs en période probatoire, qui ont déjà ces limitations imposées par temps sec, mais la prudence doit les inciter à ralentir leur allure également.
Ces limitations ne concernent pas non plus les conducteurs de véhicules lourds en transport de marchandises puisque limités à 80km/h sur route et 90km/h sur autoroute.

La seconde précaution à prendre, est d'augmenter l’intervalle de sécurité entre les véhicules.
Prévoyez une distance de freinage plus grande et ainsi évitez tout freinage brutal, car les roues se bloquent plus facilement du fait de l'adhérence réduite.
Rappel : l'adhérence sur une route humide (sans être forcément détrempée) est réduite de 30 à 50% (selon la qualité et l'usure des pneus). Ce qui a pour conséquence d'augmenter la distance de freinage (qui peut presque doubler !).
Le conducteur veillera par ailleurs a éviter les freinage brusques en utilisant davantage le frein moteur et, sur un véhicule du groupe lourd, le dispositif de ralentisseur.


2 - Conduite par temps de brouillard
2.1 - Principales conséquences du brouillard :
Le brouillard forme un écran qui empêche de bien voir mais aussi d’être vu des autres usagers.
Les nappes de brouillard qui se forment par endroits sont des pièges dangereux, car elles peuvent surprendre le conducteur, en réduisant brusquement et fortement la visibilité.

2.2 - Circuler par temps de brouillard
2.2.1 - Réduire la vitesse et augmenter les intervalles de sécurité
Le Code de la Route impose de rouler à 50 km/h maximum si la visibilité est inférieure à 50 mètres.
Ne pas réduire les distances de sécurité en « collant » le véhicule qui précède :
- Ne suivez pas aveuglement le véhicule qui précède
- Évitez de dépasser si la visibilité est insuffisante
- Adaptez votre vitesse à la visibilité de façon à toujours être capable de vous arrêter dans l’espace de visibilité disponible devant vous ( afin d’éviter les carambolages )


2.2.2 - Utilisation des feux
Par temps de brouillard, même léger, j'allume les feux de croisement.
C'est une obligation. Je dois être vigilent à ne pas les oublier, même si je circule en agglomération.
Selon la densité du brouillard, je peux ajouter les feux de brouillard avant et arrière, pour être visible de plus loin.


2.2.3 - Se guider avec le marquage au sol
Roulez bien à votre place sur la route en vous guidant sur le marquage au sol
Privilégiez le marquage peint sur le bord droit de la chaussée. A défaut, utilisez l'axe médian pour vous guider.


3 - Circulation sur sol glissant :
la neige et le verglas
3.1 - La décision de "prendre le volant" :
Si les routes sont fortement enneigées ou verglacées, ou que les prévisions météorologiques vont dans ce sens, je dois avant tout me poser la question de la pertinence de prendre le volant.
- Le trajet que j'avais prévu est-il indispensable ?
- Ne serait-il pas préférable de le reporter ou d'attendre quelques heures que la situation s'améliore ?
Par temps de neige et/ou de verglas, l'adhérence est très faible et le risque de perdre le contrôle de son véhicule est très élevé !

Avant de partir, je dégivre totalement mon véhicule : toutes les vitres (entièrement), les feux avant et arrière, les plaques d'immatriculation.
Pensez à mettre du liquide antigel dans le lave-glace l’hiver.
Si de la neige est présente, je l'enlève, y compris sur le toit : en roulant, elle pourrait se détacher par plaques et retomber sur mon pare-brise à l'occasion d'un freinage ou être projetée sur un autre véhicule.

Les grands axes (autoroutes, routes express) sont généralement déneigées et traitées avant le réseau secondaire. Je devrai favoriser la plus grande partie de mon déplacement sur ce réseau plutôt que de prendre le risque de m'aventurer sur les petites routes, même si cela occasionne un détour.
Attention cependant aux sorties : elles ne sont pas toujours traitées.
Idem pour la bande d'arrêt d'urgence. Si je dois m'y arrêter, j'effectue la plus grande partie du ralentissement sur la route déneigée. Je passerai sur la bande d'arrêt d'urgence une fois que ma vitesse sera très lente. J'allume les feux de détresse avant de ralentir pour que ma manœuvre ne surprenne personne.

3.2 - Comportement à adopter sur la neige :
3.2.1 - Avoir une conduite très souple
En plus de réduire nettement ma vitesse, j'adopte une conduite souple : pas d'accélérations franches ( je reste sur des régimes moteur bas ), pas de freinages trop appuyés, pas de coups de volant... Je dois plus que jamais ANTICIPER.
Dans les descentes, je privilégie les ralentissements au frein moteur, en rétrogradant souplement.
- Faire attention aux ornières dans la neige lorsque vous dépassez ou changez de direction.
- Adopter une conduite tout en souplesse : soyez vigilant dans les virages, ainsi que lors des changements de direction : agissez avec la plus grande douceur sur le volant
- Regarder très loin et prévoyez longtemps à l’avance tout ce qui peut obliger à un arrêt ou un changement de direction.
- Ne pas freiner ni accélérer brusquement et ralentir beaucoup plus tôt

3.2.2 - Voir et être vu, et utilisation des feux :
Comme par temps de brouillard, lorsque de la neige tombe, et même en faible quantité, j'allume les feux de croisement.
Je peux compléter ces feux de croisement avec les feux de brouillard avant et arrière selon les besoins.

Je modère l'utilisation des feux de brouillard ( surtout à l'arrière ) aux conditions réelles de visibilité et je tiens compte des usagers qui me suivent.
Lorsqu'il ne neige plus et que la visibilité redevient acceptable, même si la route reste recouverte de neige, j'éteins les feux de brouillard avant et arrière. car les feux de croisement suffisent à être bien vu.

Allumer les feux de croisement est obligatoire.
Attention de ne pas les oublier en circulant en agglomération.
Selon la densité du "brouillard" provoqué par les chutes de neige, je peux ajouter les feux de brouillard avant et arrière, pour être visible de plus loin.

Pour améliorer la visibilité, toutes les vitres doivent être propres, les essuie-glaces en bon état et le réservoir du lave-glace bien rempli. Pensez à mettre du liquide antigel dans le lave-glace l’hiver.
Pour éviter la formation de buée sur les vitres, utilisez le désembuage et la ventilation dirigée sur le pare-brise et les vitres latérales.
L'utilisation de la climatisation accélère le désembuage des vitres latérales et du pare-brise
3.2.3 - Les équipements conseillés ou obligatoires
Une vitesse très réduite n’est pas toujours une précaution suffisante.
Pour augmenter l’adhérence sur la neige dure ou le verglas, il est possible d’équiper le véhicule de pneus neige « thermo-gomme ».
L' idéal est d'avoir monté des pneus HIVER en bon état (sur les 4 roues impérativement !) avant d'être pris dans les intempéries. Ces pneus sont efficaces lorsque la route est glissante, mais aussi lorsqu'il fait froid. Même sur sol sec.
Je n'oublie pas d'emporter des chaînes, en particulier pour circuler en zone montagneuse. Les chaines peuvent y être imposées.


3.2.4 - Réduire la vitesse et augmenter les intervalles de sécurité
J'augmente nettement l'intervalle de sécurité avec le véhicule devant moi.
Ainsi, si son conducteur perd le contrôle de sa voiture, il me sera plus facile de l'éviter.

J'adapte ma vitesse aux conditions. Je teste régulièrement l'adhérence, en freinant à faible allure.
Attention de ne pas sous-estimer le risque : même si la route ne semble pas glissante, je circule à allure très modérée. Le revêtement peut devenir glissant par endroits sans que cela ne soit visible.
3.2.5 - Ne pas dépasser
Je ne dépasse JAMAIS un véhicule de déneigement en action
( c'est interdit et sévèrement sanctionné ). Je reconnais qu'il est en action à l'allumage de ses gyrophares ( bleus ou orange, souvent les deux ).
Plus généralement, j'évite le dépassement de n'importe quel véhicule. Les changements de trajectoires nécessaires pour entamer la manœuvre et se rabattre étant particulièrement propices à une perte de contrôle.

3.2.7 - Signalisation spécifique

Ce signal averti le conducteur de l’obligation de posséder et/ou mettre les chaines sur les deux roues motrices, au moins, lorsqu’il rencontrera ce panneau.
Le panneau précise dans certains cas, que faute de chaines, les pneus "neige" dits « thermo-gomme » sont admis.
Quand l’enneigement rend la circulation difficile en montagne, un panneau avertit si la route est praticable ou non.
3.3 - Comportement à adopter en cas de verglas :

3.3.1 - Les passages délicats :
Certains passages peuvent être particulièrement délicats lorsque la chaussée est glissante ou risque de l'être. C'est bien sûr le cas des virages, mais autre danger, les ponts.
Le risque de verglas est particulièrement important :
- À proximité des bois et des rivières,
- Dans les endroits exposés au vent ou abrités du soleil ( tunnels, ponts )
En effet, sur un pont, la chaussée est refroidie par le dessus mais aussi par le dessous. D'autre part, il y a souvent de l'eau à proximité. C'est donc généralement sur les ponts que se forment en premier les plaques de verglas !Méfiance aussi dans les virages. Ils ne sont pas plus exposés au risque de verglas que le reste du réseau, mais c'est là qu'il risque de surprendre le plus.
Les endroits les plus exposés sont habituellement signalés par ce panneau.
En présence de verglas, la route est extrêmement glissante : risque de dérapages important dans les virages, dans voies de décélération…



3.3.2 - La pluie verglaçante :

Attention aux pluies verglaçantes : dans ce cas, la pluie se transforme instantanément en verglas en entrant en contact avec le sol.
Le conducteur voit de l'eau liquide tomber, la température peut être positive, la route brille comme quand il pleut, mais c'est bel et bien de la glace qui se forme !
3.3.3 - Surveiller la température :
Ce n'est pas parce que la température est légèrement positive que je ne risque rien.
Le verglas peut se former ou subsister à des températures légèrement positives. Notamment parce que le sol met plus longtemps à se réchauffer que l'air. Ainsi, le matin, le thermomètre de ma voiture peut afficher 2 ou 3 degrés alors que le sol est encore gelé.
D'autre part, le verglas n'a pas forcément besoin de précipitations pour se former : à proximité d'un point d'eau, ou par temps de brouillard, l'humidité de l'air peut suffire.

3.3.3 - Réglementation particulière
des barrières de dégel :
A la fin de la période hivernale, je peux rencontrer des interdictions de circuler sur certains axes routiers du fait de barrières de dégel interdisant l’accès aux véhicules à partir de 7,5t de PTAC.
La barrière de dégel est une réglementation de la circulation routière lors du dégel, généralement sous la forme d'une limitation provisoire de tonnage, afin de protéger les fondations de la chaussée.
Lorsque la température est inférieure à 0 °C, les chaussées du réseau routier ont tendance à gonfler sous l'effet du gel et de l'humidité, mais l'intégrité n'est pas encore atteinte. Lors du dégel, la surface supérieure des chaussées est la première à dégeler alors que le sol n'a pas encore récupéré ses capacités de portance.
Cas des barrières de dégel limitées à 7,5 tonnes : l'accès est interdit à tous les véhicules ( et ensembles de véhicules ) dont le PTAC ( et/ou le PTRA ) dépasse cette valeur.
Cas des barrières de dégel limitées à 12 tonnes : l'accès est interdit à tous les véhicules ( et ensembles de véhicules ) dont le PTAC ( le PTRA ) dépasse cette valeur. Toutefois, ce type de restriction s’accompagne généralement d'une autorisation de circuler qui s'applique à TOUS les véhicules à condition que leur chargement soit inférieur ou égal à la moitié de la charge utile ( CU )

4 - Circulation par vent fort
4.1 - Les dangers des vents forts et violents :
Un vent violent peut arracher des branches ou déplacer des objets qui pourraient être projetés sur la chaussée. Ces branches et objets risquent de surprendre le conducteur, à la sortie d'un virage par exemple.
La difficulté à tenir sa place sur la chaussée : par grand vent, le conducteur doit fournir un effort sur le volant pour lutter contre cette force qui exerce une poussée latérale.
Le risque d'écarts de trajectoire : En passant d’une zone exposée au vent à une zone abritée, la poussée latérale est brusquement supprimée.
En conduite, un vent même fort, ne pose pas réellement de problème lorsqu'il souffle de l'arrière ou de l'avant ( si ce n'est qu'il fait augmenter la consommation de carburant ). En revanche, il peut s'avérer gênant, voire dangereux s'il souffle latéralement.
Le vent souffle rarement de façon continue, mais plutôt par rafales. En conséquence, un vent latéral, qu'il souffle de la droite ou de la gauche, me fera faire des écarts vers la droite et/ou vers la gauche en raison de ces changements d'intensité.
Lors des changements d'exposition (en passant d'une zone découverte à une zone abritée du vent et inversement), le risque d'écart est particulièrement important.
Un véhicule que je croise, que je dépasse ou qui me dépasse peut faire obstacle au vent momentanément, ce qui pourra me faire un écart (ou lui faire faire un écart).

Tous les véhicules sont concernés par le vent latéral, mais d'autant plus :
- si le véhicule est léger ( ex : moto, vélo... )
- si le véhicule offre une sur face importante au vent, et surtout s'il est haut ( ex : poids-lourds ).
Un véhicule à la fois léger et volumineux est donc particulièrement exposé : une camionnette, surtout si elle est vide, ou une voiture tractant une caravane ) sont donc particulièrement concernés.
Les piétons peuvent eux aussi être concernés !

4.2 - Comportement à adopter :
Pour limiter les effets du vent, il suffit de ralentir ( surtout si vous tractez une remorque ou une caravane ) et de maintenir plus fermement le volant en arrivant dans la zone exposée.
L'amplitude des écarts est d'autant plus importante que la vitesse est élevée.
Des pneus sous gonflés ou des amortisseurs fatigués amplifient ce phénomène.
Quelques règles à respecter :
- je tiens plus fermement le volant,
- je me tiens prêt, en permanence, à faire une légère correction de trajectoire,
- je regarde loin pour repérer un éventuel obstacle sur la route ( branche, arbre couché... ),
- je réduis ma vitesse en particulier la nuit ( anticipation limitée au faisceau de mes feux ),
- je fais particulièrement attention dans les zones exposées ( ex : passage sur les ponts ) et lors des changements d'exposition ( en passant d'une zone découverte à une zone abritée du vent, et inversement ),
- j'évite de dépasser : je peux faire un écart à ce moment-là, tout comme le véhicule que je dépasse, surtout au moment où nous nous masquons mutuellement du vent,
- je suis vigilant pour les mêmes raisons si je suis dépassé, ou lorsque je croise un véhicule ( en particulier sur les routes à double sens et lorsque l'espace entre les véhicules qui se croisent est réduit ).

Lors d’un avis de tempête, dans la mesure du possible, reportez votre déplacement.
De plus il est tout à fait possible qu'un arrêté préfectoral interdise la circulation des poids-lourds sur des axes routiers, ainsi que l'accès à certains ponts particulièrement exposés aux vents
4.3 - Signalisation spécifique :


- le panneau classique ( à gauche ) annonce un risque fréquent de vent latéral. Ce signal ne dit pas si le vent souffle effectivement. Il n'indique ni la force, du vent, ni même sa direction.
- le panneau lumineux ( à droite ) indique qu'un vent latéral souffle effectivement, avec une force significative ( mais il ne précise pas s'il souffle de la droite ou de la gauche ).
Si le vent était faible ou nul, ce panneau serait éteint.


En complément de ces 2 panneaux, je trouve généralement une manche à air implantée à proximité de lieux réputés pour être exposés aux vents forts.
Si la manche à air est verticale, le vent est nul ou très faible.
Si elle est inclinée, le vent est modéré. Le risque de faire des écarts existe déjà.
Si elle est horizontale, le vent souffle fort. Le risque est réel.
D'autre part, la manche à air permet de savoir dans quel sens le vent souffle.
5 - Circulation la nuit
5.1 - Les dangers de la circulation la nuit :
Certains automobilistes préfèrent rouler de nuit pour les longs trajets. Ils ont l’impression d’être en sécurité en raison de la fluidité de la circulation. Ils ont alors tendance à rouler plus vite et à relâcher leur attention.
La nuit les contrastes diminuent et de nombreux détails visibles de jour échappent au conducteur :
- Par manque de repères, l’appréciation des distances et des vitesses est faussée,
- Certains usagers peu ou pas éclairés peuvent n’être vus qu’au dernier moment...
Autre danger important : les risques d’endormissement sont plus grands.
5.2 - Comportement à adopter et utilisation des feux :
Dès que le jour tombe ou se lève, méfiez-vous des véhicules sombres, mal ou pas éclairés.
N’hésitez pas à être le premier à allumer les feux de croisement.
5.2.1 - En ville comme sur route non éclairée :
En l'absence d'autre usager, l'utilisation des feux de route est obligatoire.
L’usage des feux de route est aussi obligatoire à l’intérieur des agglomération lorsqu’elles ne sont pas éclairées.
Ce sont les feux les plus puissants : ils permettent de voir loin ( à 100 mètres au moins ) et large.
Pour circuler sur route étroite et sinueuse ( hors agglomération ), il est possible d’allumer les feux avant de brouillard en complément des feux de route.
Le faisceau lumineux des feux de brouillard avant est en effet plus large que celui des feux de route.
Mais j'éteins les feux de brouillard avant :- dès que je reviens en feux de croisement ( quelle qu'en soit la raison ),- dès que la route n'est plus étroite et/ou qu'elle n'est plus sinueuse.
Si le véhicule en est équipé, les feux d’angle s’allument automatiquement en complément des feux allumés pour éclairer la route du côté vers lequel le conducteur va tourner
Pour croiser ou suivre un autre usager, il faut revenir en feux de croisement, même sur autoroute, en particulier si le véhicule en sens inverse est un poids-lourd.

5.3.2 - En ville comme sur route éclairée :
De nuit, sur une route éclairée, je dois circuler en feux de croisement.
Que je sois seul ou si je croise/suis un autre usager.
Aucun autre feu n'est autorisé par temps clair ( c'est à dire en l'absence d’intempéries )
Hors agglomération : La nuit, si l’éclairage continu permet de voir distinctement à une distance suffisante, je circule en feux de croisement.
En agglomération : Je peux circuler en feux de position seuls mais de préférence, je circule en feux de croisement.

5.3.3 - Dans les tunnels éclairés :
En agglomération : Je peux circuler en feux de position seuls mais de préférence, je circule en feux de croisement.
Hors agglomération : Je dois circuler en feux de croisement

Règle de circulation dans les tunnels, éclairés ou non, de jour comme de nuit :
De jour, ces panneaux m'imposent d'allumer les feux de croisement.
De nuit, je ne devrais pas à en tenir compte, puisque mes feux de croisement sont normalement déjà allumés.
Mais bien entendu, de nuit, je ne tiens pas compte non plus de la fin d'obligation de les allumer !




5.3.4 - De nuit en agglomération bien éclairée :
Pour circuler dans une ville éclairée, je peux remplacer les feux de croisement par les feux de position.
Mais les feux de position étant peu lumineux, ils ne sont pas conseillés :
- ils n'éclairent pas suffisamment ,
- ils ne sont pas aussi visibles de loin que les feux de croisement,
- ils sont invisibles dans un flot de voitures circulant en feux de croisement.
Je privilégie donc l'utilisation des feux de croisement !

5.3.5 - Transition zone éclairée / zone non éclairée :
Si je passe d'une zone non éclairée à une zone éclairée, j'attends d'être DANS la zone éclairée pour passer des feux de route en feux de croisement (surtout en ville, où les risques sont plus nombreux).
Lorsque je reviens en feux de croisement ( qui portent à 30 mètres à gauche et 50 mètres à droite environ ), je réduis mon allure pour compenser la perte de visibilité.
Au-delà de 70 km/h ( soit 50 mètres de distance de freinage sur sol sec ), il me sera difficile voire impossible de m'arrêter si un obstacle fixe se trouve sur la route ( pierre, arbre couché... ) ou si un piéton vêtu de sombre marche sur la route ( ou la traverse ).

5.3.6 - En cas de croisement ou dépassement :
Je remplace les feux de route par les feux de croisement uniquement pour croiser ou suivre un autre usager ( pour ne pas le gêner, les feux de route étant très éblouissants ). Cette règle s'applique aussi pour croiser un piéton.
Certaines voitures assurent l'allumage des feux ainsi que les passages des feux de croisement en feux de route
( et inversement ) de façon totalement automatique.

Un véhicule vous suit de près en feux de route ?
- Utilisez la position « nuit » du rétroviseur intérieur pour éviter l’éblouissement
- Ralentissez, sans freiner, pour inciter le gêneur à vous dépasser.
Un véhicule que vous croisez reste en feux de route ?
- Faites un bref « appel de phare » ( avec les feux de route )
- Ralentissez et regardez le bord droit de la route pour éviter l’éblouissement
Un appel ou un avertissement lumineux est donné par l’allumage
intermittent des feux de route et de croisement. Il permet de signaler sa présence aux autres usagers.
Dépasser un véhicule ?
Avant le dépassement, le conducteur qui dépasse fait un bref appel avec ses feux de route. Une bonne coordination et une bonne collaboration entre les conducteurs permettent à celui qui dépasse de voir loin devant lui.
Tant que le conducteur qui dépasse est derrière, il reste en feux de croisement.
Au moment où les deux véhicules sont côte à côte, il passe en feux de route alors que le conducteur dépassé passe en feux de croisement


5.3.7 - A l'aube comme au crépuscule :
A l'aube (lever du jour) et au crépuscule (tombée de la nuit), je ne roule pas sans feu, ou pas uniquement avec les feux diurnes, qui ne sont pas visibles de derrière. J'allume les feux de croisement, en ou hors agglomération.
Les feux de route ne permettent pas de voir plus loin, ils sont donc inutiles ; les feux de position ne sont pas assez puissants, ce qui ne me rend pas mieux visible.

5.3.8 - Pour stationner :
Dans certaines situations, un véhicule en stationnement peut surprendre les autres usagers s’il n’est pas éclairé.
En agglomération la nuit, si l’éclairage public est insuffisant ou s’il s’éteint, le véhicule qui stationne sur la chaussée en dehors d’un emplacement délimité doit être signalé :
- Soit par l’allumage des feux de position
- Soit pas l’allumage des feux de stationnement
Dans un emplacement de stationnement, un parking ou un accotement, stationnez sans feux.
Hors agglomération, l’arrêt et le stationnement s’effectuent sur l’accotement. Il n’y a pas obligation de rendre visible le véhicule. Il en est de même lorsque la visibilité est mauvaise.
Toutefois, en cas d’utilisation des feux pour rendre le véhicule plus visible, seuls les feux de route sont interdits
Si je stationne sur une chaussée non éclairée : en dehors de places réservées à cet effet, je dois laisser les feux de position allumés.
Les feux de croisement déchargeraient la batterie trop vite, et pourraient faire passer ma voiture pour une voiture en circulation.
Si je stationne sur la chaussée, sans emplacement aménagé, que celle-ci est éclairée mais que l'éclairage ne dure pas toute la nuit : je suis censé allumer les feux de position dès que l'éclairage public se coupe. Dans les faits, autant les allumer dès le départ.


Les feux de position consomment peu et ne devraient pas décharger la batterie en 1 nuit ( sauf si celle-ci est déjà très fatiguée, donc à remplacer ).
Certaines voitures ( allemandes généralement ) permettent d'allumer les feux de position d'un seul côté. On parle alors de feux de stationnement. Cela permet d'allumer uniquement le côté le plus éloigné de l'accotement ( le côté gauche si je suis stationné du côté droit ). Ainsi, la batterie se décharge moins vite.
A noter qu'il est interdit de laisser les feux de route allumés lorsque je suis arrêté ou stationné ( ils n'ont alors plus aucun intérêt ). Y compris si je suis en dehors de la chaussée.
6 - Précautions à prendre en toutes situations :

8 conseils de " Bison Futé " pour circuler en hiver
6.1 - Avant de partir :
- Je contrôle l'état, la pression et le niveau d'usure de mes pneumatiques,
- Je contrôle l’état, la propreté, le réglage et le fonctionnement des feux,
- Je contrôle aussi le bon état des batteries,
- Je m’assure, en plus de l’outillage, d’avoir une boite d’ampoules de rechange, des fusibles et une lampe de poche…

Pensez à modifier le dispositif de réglage des projecteurs en fonction de la charge !

6.2 - Pendant le trajet :
- Faire des pauses plus fréquentes
- J’adapte mon allure aux conditions météo, à la visibilité et aux conditions d’adhérence
- En cas de mauvaise visibilité, je me guide avec le marquage au sol ( brouillard )
- De nuit, je ralentis davantage en virage ( la courbe est plus difficile à apprécier et la perception des obstacles est plus tardive )
- De nuit, pour éviter l’éblouissement lors des croisements, je fixe le bord droit de la route le plus loin possible
- Je me méfie du « coup de pompe » au petit matin
6.3 - S'informer sur les conditions de circulation :
Je consulte les informations routières :
- Internet, CRICR ( Centre Régional d'Informations sur les conditions de circulations routière ), CNIR ( Centre Nationale d’Information Routière à Rosny sous Bois (93) appelé aussi " Bison Futé " )
- Police - Gendarmerie
- Autoroute infos et autres radios 24h/24


Qui est " Bison Futé " ?
Vidéo " Bison Futé " - Conduite en situations difficiles

Cette page est largement inspirée des cours de code de la route proposés par :

et s'appuie sur le guide de préparation aux permis C et CE :

